DSIF : vers un cadre commun pour interconnecter les espaces de données européens
Les espaces de données européens se développent dans de nombreux secteurs tels que la santé, les compétences, les médias, la mobilité ou encore le tourisme. Chacun s’appuie sur sa propre infrastructure, ses technologies, ses modèles contractuels et ses règles de gouvernance. Cette diversité favorise l’innovation, mais elle complique les échanges entre écosystèmes. Sans cadre commun, une organisation ne peut pas facilement découvrir des ressources, contractualiser avec un partenaire ou partager des données entre plusieurs espaces de données. Chaque nouvelle interconnexion nécessite des développements spécifiques.
Le Data Space Interoperability Framework (DSIF) répond à ce défi en définissant les fondations communes nécessaires à l’interopérabilité. Il propose un Rulebook, un modèle commun de gouvernance, des concepts contractuels partagés et des conventions communes pour permettre aux espaces de données de collaborer tout en conservant leurs propres technologies et leur autonomie. Sur cette base, le DSIF permet ensuite de fédérer les catalogues, d’interopérer les contrats, de vérifier les identités et les consentements, puis d’orchestrer des services entre plusieurs espaces de données. Ainsi, les organisations peuvent partager et exploiter des données et des services de manière sécurisée, souveraine et conforme aux réglementations européennes.
Objectifs du DSIF
Faciliter les échanges entre espaces de données : Permettre aux organisations de découvrir, contractualiser et partager des données ou des services au-delà de leur propre espace de données. Cela s’appuie sur des mécanismes d’interopérabilité standardisés.
Garantir une interopérabilité technique : Connecter des infrastructures reposant sur différentes technologies et différents connecteurs. Cela facilite la fédération des catalogues, la négociation des contrats et les échanges de données entre écosystèmes.
Assurer une gouvernance cohérente : Définir un socle commun de rôles, de politiques et de règles. Ce socle établit une confiance entre espaces de données tout en respectant les exigences propres à chaque communauté.
Préserver la souveraineté des participants : Permettre aux opérateurs d’espaces de données, aux fournisseurs de données et aux utilisateurs de conserver le contrôle sur leurs ressources. Ils gardent la main sur leurs politiques d’accès et leurs conditions d’utilisation.
Accélérer les cas d’usage intersectoriels : Favoriser la création de nouveaux services exploitant des données issues de plusieurs secteurs (compétences, mobilité, médias, tourisme, santé ou encore villes intelligentes) afin de stimuler l’innovation et la création de valeur à l’échelle européenne.
Construire un marché européen des données : Contribuer à la vision d’un espace européen des données. Les organisations y accèdent à des ressources provenant de multiples écosystèmes, de manière sécurisée, transparente et conforme aux réglementations européennes.
Des espaces de données connectés, sans modèle unique imposé
Les espaces de données européens se développent dans de nombreux secteurs, notamment les compétences, les médias, la mobilité, le tourisme, la santé, les villes intelligentes et l’environnement.
Chaque espace de données applique sa propre gouvernance, ses propres contrats, ses propres modèles de données et ses propres infrastructures techniques. Cette diversité limite le développement de services qui combinent des ressources issues de plusieurs écosystèmes. Le Data Space Interoperability Framework (DSIF) apporte un cadre commun qui permet à ces espaces de données de collaborer tout en préservant leur autonomie.
Le DSIF ne remplace pas les standards ni les technologies existantes. Il crée les mécanismes d’interopérabilité nécessaires pour connecter les catalogues, les contrats, les politiques d’usage et les règles de gouvernance entre plusieurs espaces de données.
Les composants du DSIF
Le Data Space Interoperability Framework (DSIF) s’appuie sur plusieurs composants complémentaires couvrant la publication, la fédération, la découverte des catalogues, la contractualisation et la gouvernance entre espaces de données. Ils permettent aux espaces de données de collaborer de manière sécurisée. Ainsi, chaque organisation conserve son infrastructure et son modèle de gouvernance.
Une interopérabilité technique et de gouvernance
Connecter les infrastructures
Les espaces de données européens reposent sur différentes technologies telles que Prometheus-X, Eclipse Dataspace Components, FIWARE ou Solid.
Le DSIF permet à ces infrastructures de communiquer grâce à des mécanismes communs de fédération des catalogues, de négociation contractuelle et d’échange de données. Les organisations peuvent ainsi découvrir des ressources provenant de plusieurs espaces de données et contractualiser avec des partenaires utilisant des connecteurs différents.
Aligner les règles
L’interopérabilité ne repose pas uniquement sur la technologie. Les organisations doivent également partager une compréhension commune des rôles, des responsabilités, des obligations et des politiques de gouvernance.
Le DSIF définit un socle partagé comprenant un référentiel de rôles, des politiques lisibles par les organisations et les machines, une ontologie commune, des mécanismes de comparaison entre modèles de gouvernance et des preuves de conformité réutilisables.
Cette approche permet d’identifier les équivalences entre plusieurs modèles de gouvernance sans imposer un règlement unique à tous les secteurs.
Une approche ouverte et progressive
Les opérateurs d’espaces de données, les fournisseurs de technologies et les organisations construisent le DSIF ensemble. Les travaux portent notamment sur :
- la fédération des catalogues ;
- l’interopérabilité entre connecteurs ;
- la négociation de contrats entre différents écosystèmes ;
- la correspondance entre les modèles contractuels ;
- la portabilité des politiques et des règles ;
- la gestion interopérable du consentement ;
- la création d’un socle commun de gouvernance.
Cette approche permet de valider progressivement les composants du DSIF à partir de déploiements opérationnels et de besoins concrets.
Contribution de Visions
Développer le Data Space Interoperability Framework : Concevoir un cadre commun permettant l’interopérabilité entre des espaces de données reposant sur différentes infrastructures et différents modèles de gouvernance.
Intégrer le DSIF dans VisionsTrust : Permettre la fédération des catalogues, la négociation des contrats, la gestion des consentements et l’orchestration des échanges entre plusieurs espaces de données.
Mettre en œuvre des standards ouverts : Garantir la compatibilité avec Eclipse Dataspace Components, FIWARE, Prometheus-X, Solid et le Data Space Protocol.
Développer une gouvernance partagée : Aligner les rôles, les politiques, les obligations et les mécanismes de conformité tout en préservant l’autonomie de chaque espace de données.








